Rachat de trimestres ou Plan d’Epargne Retraite : que choisissez-vous ?
Afin d’obtenir une retraite à taux plein plus rapidement, les actifs ont la possibilité de racheter des trimestres manquants, notamment au titre des études. Ce rachat est possible dans la limite de trois ans. Cette option, a priori séduisante pour des personnes ayant commencé à travailler tardivement ou ayant connu des interruptions de carrière, peut en réalité s’avérer une mauvaise idée. Elle doit donner lieu, au préalable, à une évaluation précise, d’autant qu’elle peut être coûteuse.
Le principe du rachat de trimestres, techniquement appelé « versement pour la retraite », repose sur une mécanique précise. Il permet aux assurés de payer des cotisations rétroactives pour des périodes d’études supérieures durant lesquelles ils n’ont pas, ou peu, cotisé. Il permet ainsi d’atteindre plus rapidement la durée d’assurance requise pour le taux plein ou d’atténuer, voire de supprimer, la décote qui réduit le montant des pensions. Il convient de souligner que les rachats ne sont pas pris en compte dans la moyenne des 25 meilleures années utilisées pour le calcul de la pension de base. Les fonctionnaires ont également la possibilité d’effectuer des rachats de trimestres, mais selon des modalités qui leur sont propres.
L’opportunité d’un rachat dépend évidemment de la législation relative à l’âge légal de départ à la retraite et à la durée de cotisation requise. Le report de l’âge légal s’accompagne, par définition, d’une augmentation du nombre de trimestres cotisés pour les personnes en activité ou au chômage. Ce report peut rendre inutile le rachat de trimestres.
Le coût du rachat de trimestres d’études supérieures dépend de l’âge de l’assuré, de ses revenus et de l’option choisie. Plus la demande est effectuée tardivement, à proximité de l’âge de la retraite, plus le prix est élevé. En matière de revenus, l’Assurance retraite applique trois tranches : revenus inférieurs à 75 % du PASS, compris entre 75 % et 100 % du PASS, et supérieurs à 100 % du PASS.
Deux options de rachat existent :
• l’option « taux uniquement », qui améliore seulement le taux de calcul de la pension ;
• l’option « taux + durée d’assurance », plus coûteuse, mais qui permet également de valider le trimestre dans le nombre total de trimestres.
Le montant des rachats est déterminé par un barème officiel, logiquement actualisé chaque année. Le prix d’un trimestre, en fonction des critères mentionnés ci-dessus, varie d’un peu plus de 1 000 euros à plus de 6 000 euros. Les sommes versées sont déductibles de l’impôt sur le revenu. Le paiement peut être échelonné sur plus d’un an, les sommes restant dues à partir du treizième mois sont majorées de 1,3 %. L’étalement est possible jusqu’à cinq ans.
Les sommes versées sont à fonds perdus. L’assuré a donc tout intérêt à procéder à une évaluation du gain, en comparant par exemple cette option avec un placement sur un produit d’épargne tel que le Plan d’Épargne Retraite. Ce dernier donne également lieu à une déduction fiscale sur le revenu imposable et offre un rendement.
Un assuré âgé de 60 ans, gagnant 65 000 euros par an, devra dépenser, en brut, environ 22 000 euros pour racheter une année. Déduction fiscale intégrée, le coût est ramené, pour un célibataire, à environ 16 000 euros. Le gain annuel en termes de pension est d’environ 1 250 euros par an. Le gain total dépend donc de l’espérance de vie qui est, à 67 ans, en moyenne, de 18 ans. Le point mort est atteint au bout de 12 ans.
En cas de versement sur un PER déductible du revenu, l’assuré conserve la propriété de ces 22 000 euros, qui produisent des revenus jusqu’à la liquidation du produit (rendement de 3,7 % par an). Il peut espérer environ 29 000 euros de capital à 67 ans. S’il opte pour une sortie en rente, il pourrait espérer un versement annuel d’environ 1 700 euros, soit plus que le gain obtenu au titre de la retraite par répartition.
Le choix du rachat de trimestres dépend de nombreux facteurs qui méritent d’être étudiés avec attention. Il n’existe pas de réponse unique. Ce qui est certain, en revanche, c’est que le PER se révèle compétitif en la matière et offre davantage de flexibilité.
Les éléments présentés le sont à titre purement informatif et général. Ils ne constituent ni un conseil personnalisé ni une recommandation d’investissement ou de stratégie retraite. Les décisions de rachat de trimestres ou de versement sur un Plan d’Épargne Retraite doivent être appréciées au regard de la situation personnelle, fiscale et patrimoniale de chaque assuré.
Partager cet article :