Comprendre le calcul de la retraite de base dans les régimes alignés
Comprendre le calcul de la retraite de base dans les régimes alignés
Pour simplifier les règles de calcul de la retraite, plusieurs régimes de base – les régimes dits « alignés » – pratiquent les mêmes méthodes de calcul que le régime général de la Sécurité sociale. Cela concerne :
- Les salariés du privé ;
- Les salariés agricoles ;
- Les travailleurs indépendants classiques (artisans, commerçants, industriels).
Dans ces régimes, le montant de la retraite de base dépend de trois éléments :
- Le revenu annuel moyen ;
- Le nombre de trimestres acquis (appelé durée d’assurance) ;
- Le taux de liquidation.
Le montant est calculé selon la formule suivante :
Le revenu annuel moyen correspond à la moyenne des salaires bruts sur lesquels l’assuré a cotisé à l’Assurance retraite pendant les 25 meilleures années de sa carrière.
Le taux de liquidation est basé sur le taux maximal auquel l’assuré peut prétendre. Dans les régimes alignés, ce taux est de 50 %, appelé taux plein.
Le taux de liquidation est basé sur le taux maximal auquel l’assuré peut prétendre. Dans les régimes alignés, ce taux est de 50 %, appelé taux plein.
Le saviez-vous ? Les personnes ayant eu ou élevé au moins 3 enfants bénéficient d’une majoration de 10 % de leur retraite. Elle est calculée sur le montant total de la pension de retraite de base, surcote comprise.
Le revenu annuel moyen (RAM)
Le revenu annuel moyen correspond à la moyenne des salaires bruts sur lesquels l’assuré a cotisé à l’Assurance retraite pendant les 25 meilleures années de sa carrière.
Ce revenu est pris en compte dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (47 100 € pour l’année 2025).
Taux de liquidation : tout comprendre au taux plein, à la décote et à la surcote
Taux plein
Le taux de liquidation est basé sur le taux maximal auquel l’assuré peut prétendre. Dans les régimes alignés, ce taux est de 50 %, appelé taux plein.
Le taux plein peut être obtenu de deux façons :
- En partant à la retraite à 67 ans, âge du taux plein automatique ;
- En partant avant 67 ans, mais en ayant acquis le nombre de trimestres requis pour sa génération, tous régimes confondus :
| Année de naissance de l'assuré | Âge légal de départ à la retraite | Nombre de trimestres requis pour partir à taux plein |
|---|---|---|
| 1960 | 62 ans | 167 trimestres |
| 01/01/1961 au 31/08/1961 | 62 ans | 168 trimestres |
| 01/09/1961 au 31/12/1961 | 62 ans et 3 mois | 169 trimestres |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 trimestres |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 trimestres |
| 1964 | 63 ans | 171 trimestres |
| 1965 | 63 ans et 3 mois | 172 trimestres |
| 1966 | 63 ans et 6 mois | |
| 1967 | 63 ans et 9 mois | |
| 1968 et après | 64 ans |
Les personnes ne disposant pas du nombre de trimestres nécessaires sont pénalisées par une décote. À l’inverse, celles en ayant acquis davantage sont récompensées par une surcote.
Décote
La décote est une réduction appliquée au montant de la pension de retraite de base. Elle concerne les personnes qui :
- n’ont pas validé assez de trimestres pour obtenir une retraite à taux plein ;
- et souhaitent partir avant l’âge du taux plein automatique (67 ans).
Dans ce cas, le taux de liquidation n’est plus de 50 %, mais est diminué de 0,625 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. Cela réduit donc le montant de la pension.
Pour calculer le nombre de trimestres manquants, l’Assurance retraite retient le plus petit des deux chiffres suivants :
- La différence entre l’âge auquel la pension est attribuée, et l’âge d’annulation de la décote (67 ans) ;
- Ou, si c’est plus avantageux pour l’assuré, la différence entre le nombre de trimestres acquis (tous régimes confondus) et le nombre requis pour bénéficier d’une pension à taux plein.
Exemple : il manque 2 trimestres à un salarié pour atteindre le nombre de trimestres requis pour sa génération, ou 20 trimestres pour atteindre l’âge du taux plein. On retient le nombre le plus avantageux, soit 2 trimestres. Le taux de 50 % sera donc minoré de 1,25 % (0,625 x 2), ce qui donne un taux de liquidation de 48,75 % (50 % - 1,25 %). Sa pension sera réduite de manière définitive.
Surcote
La surcote s’applique si l’assuré continue à travailler au-delà de l’âge légal de départ à la retraite et après avoir validé tous les trimestres nécessaires pour le taux plein. Elle concerne les départs après le 1er avril 2004.
Chaque trimestre supplémentaire donne droit à une majoration de 1,25 % de la pension, soit +5 % par année supplémentaire de travail. Contrairement à la décote, la surcote n’est pas plafonnée.
À noter que seuls les trimestres cotisés ouvrent des droits à surcote. Les périodes assimilées (chômage, maladie, accident du travail, etc.) ne comptent pas.
Exemple : un salarié part en retraite après avoir travaillé 5 trimestres de plus que le nombre de trimestres requis pour sa génération. Sa pension de retraite de base annuelle s’élève à 15 000 €. Grâce à la surcote, la pension sera majorée de 6,25 % (1,25 % x 5 trimestres), soit 15 000 € x 6,25 % = 937,50 €. Sa pension passe donc à 15 937,50 €.
Nouveauté - La réforme des retraites de 2023 a instauré une surcote pour majorer la pension de retraite des parents qui ont, dès l’âge de 63 ans, atteint le taux plein et obtenu au moins un trimestre supplémentaire de retraite au titre de la maternité, l’adoption, ou l’éducation des enfants. Cette surcote est de +1,25 % par trimestre supplémentaire travaillé entre 63 et 64 ans.
Durée d’assurance : zoom sur l’acquisition des trimestres
La durée d’assurance correspond au nombre de trimestres requis pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Ce nombre dépend de l’année de naissance.
Par exemple, un salarié né en 1974 doit cotiser 172 trimestres (tous régimes confondus) pour avoir droit à une pension à taux plein.
Le saviez-vous ? Il n’est pas possible de valider plus de 4 trimestres par année civile.
Les trimestres cotisés
Les trimestres cotisés correspondent aux périodes pendant lesquelles des cotisations retraite ont été versées. Il s’agit principalement des périodes de travail, d’apprentissage ou de formation professionnelle.
Pour valider un trimestre, il faut avoir perçu un salaire brut au moins égal à 150 fois le SMIC horaire sur la période concernée (soit 1 782 € brut en 2025). Ainsi, pour valider 4 trimestres sur une année, il faut avoir gagné au moins 600 fois le SMIC horaire (soit 7128 € brut en 2025). Les périodes de travail effectuées dans l’Union européenne ou dans un pays ayant signé une convention de Sécurité sociale avec la France (comme le Canada, le Japon, les États-Unis ou la Tunisie) sont également prises en compte.
Lors de la dernière année d’activité, les cotisations sont comptabilisées jusqu’au dernier jour du trimestre civil précédant la date de départ à la retraite.
Le saviez-vous ?
Certaines personnes peuvent bénéficier de trimestres cotisés sans avoir travaillé, notamment celles qui ont cessé ou réduit leur activité pour élever un enfant ou s’occuper d’un proche en situation de handicap. Elles peuvent être affiliées gratuitement à l’Assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) ou à l’Assurance vieillesse des aidants (AVA), selon leur situation.
Pour y avoir droit, l’assuré doit percevoir certaines prestations sociales et satisfaire à certaines conditions de ressources.
La CAF cotise pour les personnes concernées sur la base du SMIC : ces trimestres sont donc des trimestres cotisés.
Les trimestres assimilés
Les trimestres assimilés correspondent à des périodes pendant lesquelles l’assuré n’a pas travaillé, mais qui peuvent tout de même être prises en compte pour la retraite. Il s’agit généralement d’interruptions involontaires d’activité (maladie, chômage, maternité, etc.).
Pour que ces périodes soient reconnues, il est essentiel de conserver tous les justificatifs (attestations chômage, certificats médicaux, etc.).
| Périodes assimilées | Conditions de validation d’un trimestre de retraite |
|---|---|
| Maternité | Depuis 2014, un trimestre est alloué pour chaque période de 90 jours d’indemnisation. |
| Stage de formation professionnelle effectué à partir de 2015 | Un trimestre pour chaque période de 50 jours. |
| Arrêt maladie | Un trimestre pour chaque période de 60 jours d’indemnisation. |
| Accident du travail | |
| Incapacité temporaire | Un trimestre pour chaque période de 60 jours d’indemnisation. |
| Incapacité permanente | Un trimestre pour chaque trimestre civil comportant trois mensualités de la rente (si taux ≥ 66 %). |
| Invalidité | Un trimestre pour chaque trimestre civil comportant trois mensualités de pension d’invalidité. |
| Chômage | |
| Activité partielle de longue durée (APLD) et APLD Rebond | Depuis 2020, un trimestre par période de 220h indemnisées par l’employeur. |
| Périodes indemnisées | Un trimestre par période de 50 jours d’indemnisation par année civile. |
| Périodes non indemnisées | Un trimestre par période de 50 jours par année civile. Si le demandeur d’emploi n’a jamais été indemnisé, le nombre de trimestres maximum pouvant être validés à ce titre est fixé à 6. |
| Service militaire | Un trimestre par période de 90 jours. |
| Service civique | Un trimestre par période de 90 jours. |
| Travaux d’utilité collective (TUC) | Un trimestre pour chaque période de 50 jours. |
| Sport de haut niveau | Un trimestre pour chaque période de 90 jours où le sportif a été inscrit sur la liste des sportifs de haut niveau. |
| Préretraite | Un trimestre par période de 90 jours. |
| Congé de reclassement | Un trimestre pour chaque période de 50 jours. |
| Cette liste ne recense que les périodes assimilées les plus fréquentes et n’est donc pas totalement exhaustive. D’autres situations peuvent aussi permettre de valider des trimestres, comme les périodes de détention provisoire, de rééducation professionnelle, les périodes de guerre, de volontariat international, les stages jeunes volontaires, les périodes de versement de l’indemnité de soins aux tuberculeux, etc | |
Pour bénéficier des trimestres assimilés, il faut avoir déjà été affilié à un régime de retraite et avoir cotisé au moins une fois dans le passé.
Les majorations de durée d’assurance (MDA)
Certaines situations ou évènements de la vie donnent droit à des trimestres supplémentaires. On appelle cela des « majorations de durée d’assurance ». Ces majorations, qui ne sont pas liées à une année civile précise, correspondent ainsi à un bonus de durée qui est pris en compte au moment du calcul de la pension.
À noter : ces majorations permettent uniquement la validation de trimestres d’assurance.
Il existe plusieurs majorations de durée d’assurance :
- 👧🏻 Pour enfant :
- 4 trimestres sont accordés pour la maternité ou l’adoption ;
- 4 trimestres pour l’éducation de l’enfant : depuis la réforme de 2023, 2 trimestres sont automatiquement attribués à la mère. Les 2 autres peuvent être attribués à la mère ou au co-parent, au choix.
- 👶🏻 Pour congé parental : un trimestre est validé à la fin de chaque période de 90 jours ;
- 🦽 Pour adulte handicapé à charge : la majoration est versée à l’assuré qui assume la charge permanente d’un adulte en situation de handicap. Pour chaque période de 30 mois civils de prise en charge, 1 trimestre est attribué, avec un maximum de 8 trimestres ;
- 👴🏻 Pour âge : l’assuré qui a dépassé les 67 ans a droit à une majoration de sa durée d’assurance s’il ne réunit pas la durée d’assurance maximum. La majoration est de 2,50 % de la durée totale d’assurance par trimestre écoulé entre les 67 ans et le point de départ de la retraite ;
- 👨🏻🦽 Pour enfant handicapé : toute personne ayant élevé un enfant handicapé peut obtenir jusqu’à 8 trimestres supplémentaires ;
- La MDA liée au compte professionnel de prévention (C2P) : un trimestre est accordé tous les 10 points inscrits sur le C2P.
Le rachat de trimestres
Les assurés qui n’ont pas assez validé de trimestres pendant leur carrière peuvent, s’ils le souhaitent, en racheter grâce au mécanisme de rachat de trimestres, aussi appelé versement pour la retraite (VPLR).
| Dispositif de rachat | Prise en compte | Nombre de trimestres pouvant donner lieu à rachat |
|---|---|---|
| VPLR Années incomplètes | Au choix : taux ou taux et durée d’assurance | 12 (limite commune avec VPLR années d’études supérieures) |
| VPLR Années d’études supérieures | Au choix : taux ou taux et durée d’assurance | 12 (limite commune avec VPLR années d’études supérieures) |
| VPLR Années d’études à tarif dérogatoire | Au choix : taux ou taux et durée d’assurance | 4 (dans ce cas, le nombre de trimestres acquis à tarif réduit est déduit de la limite de 12 trimestres prévue par le dispositif de rachat classique) |
| VPLR à tarif dérogatoire pour assistants maternels | Taux et durée d’assurance | 12 (le nombre de trimestres acquis à tarif réduit au titre des années incomplètes est déduit de la limite de 12 trimestres prévue par le dispositif de rachat classique) |
| VPLR à tarif dérogatoire pour apprentis | Taux et durée d’assurance | 4 (le nombre de trimestres acquis à tarif réduit au titre des années incomplètes est déduit de la limite de 12 trimestres prévue par le dispositif de rachat classique) |
| Rachat Madelin (si moins de 4 trimestres/an en tant qu’indépendant) | Taux, durée d’assurance et retraite anticipée pour carrière longue | Pas de limite |
| Rachat pour stage (rémunéré, 2 mois minimum) | Taux | 2 |
À noter : on ne peut pas racheter plus de 4 trimestres par année civile.
L’opération a un coût, qui dépend de trois paramètres :
L’âge de l’assuré
Plus on achète jeune, moins le rachat est cher
Les revenus professionnels
Moins les revenus sont élevés, plus le coût est réduit
L’option choisie
En effet, lors du rachat de trimestre, deux options s’offrent à l’assuré :
- Racheter des trimestres au titre du taux seul : cette option améliore le taux de liquidation dans la formule de calcul de la retraite de base, mais n’ajoute pas de trimestres dans la durée d’assurance ;
- Racheter des trimestres au titre du taux et de la durée d’assurance : ce rachat permet d’ajouter d’améliorer le taux de liquidation, et d’ajouter des trimestres. Cette seconde option est plus chère, car elle a plus d’impact sur la pension de retraite.
Zoom sur la retraite des fonctionnaires
Parmi les différents régimes de retraite, ceux des fonctionnaires occupent une place particulière. Ils reposent sur des règles spécifiques, distinctes du régime général.
Tout savoir sur la retraite des fonctionnairesChoisir l'UMR, c'est faire confiance à un expert reconnu de l'épargne retraite individuelle
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