26.06.2018

Rapport annuel du Conseil d'Orientation des Retraites

Etat des lieux avant réforme 

Le Conseil d’Orientation, comme chaque année, dans le cadre de son rapport annuel, a révisé ses projections en matière de retraite

 

L’équilibre des régimes dépend de l’évolution de facteurs démographiques et de facteurs économiques.

 

Les simulations ont été élaborées dans le cadre du système actuel. Elles seront en partie caduques en cas d’adoption de la réforme visant à instituer le régime universel de retraite. 

 

Sur le plan démographique, il a pris acte de la baisse du taux de fécondité qui est repassé en-dessous de 2 enfants par femme. Ainsi, il retient désormais un ratio de 1,95.

Pour les migrations, il a revu l’hypothèse à la baisse avec un solde de +70 000 par an contre +100 000 auparavant.

En revanche, pour l’espérance de vie à la retraite, le Conseil d’Orientation des Retraites n’a pas modifié ses prévisions (33,6 ans pour les femmes et 31 ans pour les hommes en 2070).

Les experts du COR considèrent que l’âge moyen de départ à la retraite devrait passer de 61,8 ans en 2017 à 63,9 ans en 2070, sachant que le recul interviendrait essentiellement entre 2020 à 2040.

Le rapport entre le nombre de cotisants et le nombre de retraités devrait passer de 1,7 à 1,3 de 2017 à 2070

 

Sur le plan économique, le Conseil d’Orientation des Retraites retient plus de scénarii avec notamment des taux de productivité du travail et des taux de chômage différents.

La productivité est jugée comme un indicateur important car elle influe sur la rémunération, l’activité et donc la croissance. Le Conseil retient des taux variant de 1 à 1,8 %, sachant que depuis plusieurs années, le taux constaté est inférieur à 1 %.

Pour l’emploi, trois niveaux de chômage sont pris en compte, 4,5 %, 7 % et 10 %. 

Compte tenu de ces hypothèses, la pension moyenne de l’ensemble des retraités qui représente 51,2 % du revenu d’activité moyen brut en 2018 se situerait entre 32,5 et 40,1 % en 2070 de ce même revenu

 

Avec l’augmentation des cotisations sociales, l’amélioration de la situation de l’emploi et le recul de l’âge de départ à la retraite, les régimes de retraite sont, depuis l’année dernière, à l’équilibre. Selon le Conseil d’Orientation des Retraites, une dégradation est à attendre en raison de la forte augmentation du nombre de retraités d’ici 2030.

Cette dégradation serait néanmoins suivie d’une amélioration si la croissance est supérieure à 1,3 %. Le solde des régimes pourrait ainsi varier de -1,5 à +1,1 % du PIB en 2070 en fonction des hypothèses économiques. 

 

Le niveau de vie des retraités qui est en 2017 supérieur à celui de l’ensemble de la population serait en baisse relative de manière constante jusqu’en 2070.

Il ne représenterait alors, en fonction des scénarii, qu’entre 89,1 % et 76,7 % du niveau de vie de l’ensemble de la population.

Le taux de remplacement net à la liquidation (montant des pensions par rapport aux revenus professionnels) se situerait entre 62 et 68 % en fonction des scénarii de croissance de la productivité pour les générations nées à partir des années 80 contre 70 % pour celles nées à la fin des années 50.

 

Par décret, le taux de remplacement est censé ne pas être inférieur à 66,7 %. Pour un fonctionnaire sédentaire de catégorie B, le taux de remplacement, dans le système actuel, serait relativement stable sous réserve que la part des primes reste également stable. Si, en revanche, elle était amenée à poursuivre sa progression, le taux de remplacement serait amené à fortement baisser passant de 63 % pour les générations nées au début des années 60 à 50 % pour celles nées en 2000.

 

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